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Les peintures sous verre

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Combat d'al Zîr Sâlim contre Jâssas appelé aussi « Kulayb »

Combat d'al Zîr Sâlim contre Jâssas appelé aussi « Kulayb »
Peinture sous verre. Auteur : Abou Sobhi al Tînawi.
Syrie, Damas, 2003.
H. 49 cm, L. 65 cm.
MCEM.
Inv. 2003.172.4.
© Photo MCEM - Danièle Adam.

Cet épisode de l'époque pré-islamique (Ve siècle) raconte la lutte entre deux tribus, les Qaysites et les Yéménites. La cause de cet affrontement, un meurtre suivi d'une vengeance, fut à l'origine de la guerre dite al Bassus, qui dura quarante ans. Deux rois qaysites, Rabî'a et Murra, qui étaient frères, décidèrent de faire alliance en mariant leurs enfants. C'est ainsi que Kulayb, fils de Rabî'a devait épouser Jélîla, fille de Murra et sœur de Jâssas. Murra perdit son royaume tombé aux mains de l'agresseur yéménite et Kulayb entreprit de le reconquérir. Il triompha et se construisit un château entouré d'une réserve comparée au Paradis, car il y coulait des sources et des arbres de toutes les espèces y poussaient. Cette situation suscita des jalousies, en particulier celle de son cousin Jâssas, le nomade du désert qui voyait avec envie ces territoires fertiles où jaillissait l'eau. Celui-ci décida de tuer Kulayb. Mais le jeune frère de Kulayb, al Zîr Salim, entreprit de faire justice à son tour. La peinture représente ici al Zîr Salim, armé d'une lance, poursuivant Jâssas, qui transperce Kulayb terrassé, enlacé par Jélîla. Dans la pure tradition des peintures sous verre islamiques, l'artiste mentionne le nom de chaque personnage et précise pour Jâssas que Jâssas est l'assassin de Kulayb par traîtrise, (la traîtrise est récusée dans le code d'honneur bédouin). Cette histoire a été consignée dans de nombreux manuscrits arabes, tant musulmans que chrétiens. Contée et chantée dans tout le Proche-Orient, elle est diffusée aujourd'hui à travers le théâtre et la télévision.

Mosquée aux lampes

Mosquée aux lampes
Peinture sous verre. Auteur inconnu.
Syrie, Damas, première moitié du XXe siècle ?
H. 44,5 cm, L. 60,5 cm.
MCEM.
Inv. 2003.164.1.
© Photo MCEM - Danièle Adam.

Cette composition, divisée en trois registres, représente une mosquée entourée de deux lampes. La mosquée est inscrite dans une niche ou mirhab et surmontée d'une inscription calligraphiée qui est la formule introductive de chaque sourate du Coran : « Au nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux ». Sur la mosquée elle-même, une autre inscription ajoute : « Il est puissant en toutes choses ». Les lampes suspendues dans deux niches à fond jaune font référence à la lumière divine, car Dieu est lumière. La peinture renvoie en effet à un verset du Coran (sourate XXIV, v. 35) :
« Dieu est la lumière des cieux et de la terre
Sa lumière est comparable à une niche
Où se trouve une lampe
La lampe est dans un verre ;
Le verre est semblable à une étoile brillante.
»

Pèlerinage à la Mecque

Pèlerinage à la Mecque
Peinture sous verre. Auteur : Abou Sobhi al Tînawi.
Syrie, Damas, 2e moitié du XXe siècle.
H. 60 cm, L. 70 cm.
MCEM.
Inv. 2003.172.1.
© Photo MCEM - Danièle Adam.

Pour le pèlerinage à la Mecque, deux caravanes partaient l'une de Damas et l'autre du Caire. Chacune des deux villes était chargée alternativement de son organisation. A gauche, un dromadaire porte le palanquin ou mahmal dans lequel se trouve le tissu noir destiné à recouvrir la pierre noire de la Mecque ou Kaâba. Derrière lui, un autre dromadaire transporte le porte-étendard enroulé et sa hampe protégée. Dans le médaillon, à droite, figure en buste le gouverneur de Damas, chargé de l'organisation et de l'accompagnement du pèlerinage. D'autres personnages plus petits sont inscrits dans la composition, soldats serviteurs, serviteur portant un brûle-parfum et pèlerins en prière. Le haut de la composition est encadré par un rideau drapé d'où pendent des pampilles. Les inscriptions calligraphiques complètent l'ensemble : sur le palanquin figurent trois inscriptions (de haut en bas) : mach Allah  (volonté de Dieu), Yah Hafez (oh! mon Gardien) qui est un des quatre-vingt dix-neuf noms de Dieu et « wa mâ arsalnaka illa rahmatan lil alamin » (et nous ne t'avons envoyé que pour la pitié du monde). Sous le dromadaire figurent le nom et l'adresse du peintre.

Shahmaran

Shahmaran
Sérigraphie sur verre. Auteur : Mehmet Ali Katranci.
Turquie, Konya, vers 1980.
H. 45 cm, L. 60 cm.
MCEM.
Inv. 2002.87.1.
© Photo MCEM.

Cette figure de femme fabuleuse, à la tête dotée de deux cornes, au corps de reptile dont la queue se termine par une tête de serpent couronnée, se déplace sur six paires de pieds. Elle rappelle l'image des harpies ou de la fée Mélusine, mi-femme, mi-serpent, bien connue dans l'ouest de la France mais aussi dans les Etats latins d'Orient à l'époque des Croisades (1098-1293). C'est une image à fonction prophylactique dans l'art populaire turc. L'image est très représentée en Anatolie du centre et de l'est. Elle renvoie à une croyance selon laquelle le serpent est un être vivifiant qui porte un espoir de guérison. La shahmaran est également symbole de fécondité.

Arche de Noé

Arche de Noé
Peinture sous verre. Auteur anonyme.
Turquie ou Tunisie (?), première moitié du XXe siècle.
H. 40 cm, L. 55 cm.
Don Galerie Benli.
MCEM.
Inv. 2003.186.1.
© Photo MCEM - Virginie Louis.

Le bateau est un caïque sultanien dont la proue est occupée par un kiosque abritant Noé et les siens et surmonté d'un paon et d'autres oiseaux. Le bateau est rempli d'animaux sauvages, girafes, kangourous, rhinocéros... L'Arche de Noé est un des thèmes fréquemment représentés aussi bien dans les peintures sous verre des pays d'Islam que dans l'Europe chrétienne.

Antar et Abla sur leurs montures

Antar et Abla sur leurs montures
Peinture sous verre à rehauts d'or. Auteur anonyme.
Tunisie, première moitié du XXe siècle.
H. 47,7 cm, L. 59,5 cm.
MCEM.
Inv. 2002.74.1.
© Photo MCEM - Liliane Kleiber.

L'histoire d'Antar et d'Abla a circulé et continue à être racontée dans tout le monde arabe où elle jouit d'une immense popularité. Elle est également connue dans l'aire turque et persane. Antar a réellement existé. Poète chevalier, il vécut entre la fin du VIe et le début du VIIe siècle (période pré-islamique). Fils illégitime de l'émir de la tribu de Abs et d'une esclave noire d'Abyssinie, il fut d'abord traité en esclave, puis parvint par sa bravoure au combat, à se faire reconnaître par son père et accéder au statut d'homme libre. Il consacra l'essentiel de sa vie au service de sa dame, la princesse Abla qui lui fut refusée plusieurs fois par son père. Il finit néanmoins par l'épouser au prix de nombreuses épreuves et de durs combats. Défenseur des faibles et des femmes, Antar apparaît comme le recours des classes opprimées. Il correspond au critère du preux tel qu'il est célébré dans les romans courtois du Moyen-Age occidental. Mais c'est surtout son œuvre poétique qui lui a valu l'estime de son entourage. Ses poèmes étaient exposés publiquement lors des grandes foires de La Mecque et portaient le titre de « joyaux ou pendentifs. » Le serpent, signe de fécondité, qui est placé entre les deux personnages marque le lien qui les unit. Au-dessus d'Antar, on peut lire « Antar ben Chedar » (Antar fils de Chedar) et au-dessus de Ebla, on peut lire « Ebla ibnat Mâlik » (Ebla fille de roi). Ces représentations picturales étaient suspendues aux murs des cafés, dans les boutiques de barbiers et dans les habitations privées.

La masseuse

La masseuse
Peinture sous verre. Auteur : Othman Khadraoui.
Tunisie, 1980.
H. 45 cm, L. 35 cm.
MCEM.
Inv. 2003.30.2.
© Photo MCEM - Liliane Kleiber.

Au centre d'une niche à claveaux noirs et blancs, une masseuse à mi-corps et en perspective frontale masse une femme allongée. En bas, on distingue des accessoires de bain. Sur la serviette, ainsi que sur le montant droit du mur, figure la signature de l'artiste, né en 1938. Par ses représentations de corps au hammam, Othman Khadraoui ne s'inscrit pas dans le registre illustratif traditionnel : il apparaît plutôt comme un peintre de la vie quotidienne.

La mariée au hammam

La mariée au hammam
Peinture sous verre. Auteur : Othman Khadraoui.
Tunisie, 1980.
H. 36 cm, L. 30,5 cm.
MCEM.
Inv. 2003.30.3.
© Photo MCEM - Liliane Kleiber.

La mariée, à droite de laquelle est assis un personnage, se tient au centre d'une rangée de quatre femmes nues. Dans le registre du milieu à gauche, une scène de massage. Dans le registre du bas, au milieu, une femme habillée tient son sac à main. La peinture est signée Othman Khadraoui.

Mort d'Ali Akbar

Mort d'Ali Akbar
Peinture sous verre. Auteur anonyme.
Iran, Téhéran, première moitié du XXe siècle.
H. 35 cm, L. 45 cm.
MCEM.
Inv. 2002.103.2.
© Photo MCEM - Danièle Adam.

Mort d'Ali Akbar sur le champ de bataille de Kerbêla. Ali Akbar, fils de Hoseyn, est pleuré par deux femmes voilées dont sa sœur Zeinab. On aperçoit au fond les tentes du camp shiite qui seront incendiées. Cette scène, qui constitue un épisode central de l'histoire des Shiites, est commémorée aujourd'hui encore en Iran dans les cérémonies de deuil de l'Ashûra et dans le théâtre de Taziyé.

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