Les voyages du verre - Objets voyageurs

Les perles

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Perles rosette

Perles rosette
Italie, Venise (Murano), entreprise Ercole Moretti&Fratelli, 2003.
MCEM.
Inv. 2003.49.
© Photo MCEM - Hervé Jezequel.

La perle à chevron appelée « rosetta » bleue, rouge et blanche, aurait été inventée à Alexandrie un siècle avant notre ère. Une autre hypothèse propose une origine arabe médiévale de ces perles, toujours égyptienne. Il est d'ailleurs possible que le nom de « rosetta » provienne de la petite ville de Rosette située dans le delta du Nil. La tradition orale attribue leur invention à Maria Barovier, connue à Venise pour ses mosaïques de verre au XVe siècle. Elle travailla ainsi à la meule une canne de verre composée de six différentes épaisseurs de verre coloré façonnée de manière à obtenir cinq étoiles concentriques à douze pointes. Une variante de la perle rosette, la « perle plume » ou « perle palme » est très prisée en Afrique.

Perles millefiori

Perles millefiori
Italie, Venise (Murano), entreprise Ercole Moretti&Fratelli, 2003.
MCEM.
Inv. 2003.49.
© Photo MCEM - Hervé Jezequel.

Le millefiori est une des techniques de décoration qui existe depuis l'Antiquité. Au XIXe siècle, la technique est relancée dans la production des perles et reste le fleuron de la tradition perlière vénitienne.
Le travail au chalumeau commence par le façonnage de « l'âme » de la perle, à partir d'une canne de verre incolore ou opaque. La canne est fondue à la flamme et le filament de verre obtenu est enroulé autour d'une tige métallique. Ensuite, on place sur l'âme de la perle encore chaude des tronçons de cannes colorées, les murrines. L'ensemble est repassé au chalumeau afin d'obtenir une fusion des différents composants. La perle obtenue sera façonnée à la pince et roulée dans un moule pour obtenir la forme souhaitée. Elle sera placée dans un matériau réfractaire afin d'obtenir un refroidissement progressif et d'éviter son éclatement. La tige de cuivre sera enfin fondue chimiquement, libérant ainsi l'orifice de la perle.

Perles sommerso

Perles sommerso
Italie, Venise (Murano), entreprise Ercole Moretti&Fratelli, 2003.
MCEM.
Inv. 2003.49.
© Photo MCEM - Hervé Jezequel.

Le nom de perles sommerso provient de la technique de fabrication de ce type de perles qui consiste à envelopper le verre coloré ou plus généralement une feuille d'or d'une couche de verre transparent. Cela donne une impression de légèreté et de flottement tout en mettant en valeur la brillance du décor. Selon leur taille, les perles sommerso peuvent être employées dans les parures, dans l'ameublement et dans la haute couture.

Couronne mortuaire en perles ayant la forme d'une ancre marine

Couronne mortuaire en perles ayant la forme d'une ancre marine
Sud de la France, 2003.
Semence de perles de verre, fil de fer.
MCEM.
Inv. 2003.185.
© Photo MCEM.

Dans la deuxième moitié du XIXe siècle, la France importe les perles de Venise pour la broderie, la passementerie, les accessoires mais également pour la confection de couronnes mortuaires. Le musée a acquis plusieurs couronnes provenant de cimetières du Lubéron et d'autres régions françaises. La forme générale des couronnes était le plus souvent en forme de croix ou de losange. Mais il existait également des couronnes personnalisées telle cette ancre marine de la collection Leroy ou des objets commémorant une activité prisée par le défunt (avion, bicyclette, bateau, etc.). L'enfilage des perles était confié aux femmes qui travaillaient à domicile. La technique consistait à fixer sur une forme en fil de fer rigide des fleurs et des feuilles en perles. Le caractère durable du verre, la finesse et la variété des décors ainsi que le peu d'entretien nécessaire, ont donné à ces objets de longs moments de gloire. Néanmoins, le coût relativement élevé de la fabrication, les changements de mode de vie et surtout l'arrivée des matières plastiques ont eu raison de cet artisanat. La production de couronnes en perles de verre s'est ainsi échelonnée de 1850 à 1960 environ.

Epingle de pardon

Epingle de pardon
Lieu de fabrication : Paris ? Bohême ?
Lieu d'utilisation : Bretagne Finistère (France), 1er quart du XXe siècle.
H. 12 cm.
MCEM.
Inv. 1947.6.1.10.
© Photo MCEM - Danièle Adam.

Epingle à tête faite d'une grosse perle soufflée moulée mauve, d'où partent deux jeux de chaînettes reliés à un croissant godronné et à un élément ajouré en étoiles auquel sont accrochés des rangs de perles mauves.

Ces épingles, dont peu subsistent étant donné leur fragilité, étaient fabriquées à Paris ou en Bohême et vendues à la fin du XIXe siècle en Basse-Bretagne sur les lieux de pèlerinage. Localement appelées « spilh » ou « spilhou », elles recevaient également le nom d'épingles de la Sainte-Catherine ou d'assemblées. Elles étaient généralement utilisées par les femmes lors de la cérémonie de mariage ou piquées sur les vestes le jour du pardon.
D'après Les bijoux traditionnels français de Monique Poulenc et Anne-Michèle Margerie, catalogue RMN, 1998.

Croix-pendentif dite « boulonnaise »

Croix-pendentif dite « boulonnaise »
France, Boulogne sur-mer, vers 1893.
H. 6,3 cm, L. 4 cm.
MCEM.
Inv. 1969.64.4.
© Photo MCEM - Danièle Adam.

Croix pendentif en perles de verre imitant la turquoise et en argent doré moulé et filigrané. Le Christ est représenté sur fond de croix latine et est entouré d'un décor ajouré et filigrané avec des alvéoles garnies de demi-perles. Des coquilles sont placées aux extrémités des tiges transversales formant une croix de Saint-André. Une pendeloque ajourée est accrochée à la base.

Ces croix dites «boulonnaises» reçoivent également le nom de croix «de pardon» commémorant le pèlerinage de Notre-Dame-de- Boulogne ou de croix «flamandes» car elles pourraient provenir d'Anvers. Elles faisaient partie des parures des femmes de pêcheurs du littoral entre Boulogne et Dunkerque. Elles étaient portées sur une longue chaîne dite «sorcière» faisant plusieurs fois le tour du cou et fermées par un fermoir en barillet. Elles sont typiques par leur décor de coquilles qui évoque le pèlerinage de Saint-Jacques-de- Compostelle et le travail de filigrane. Souvent les perles en verre servaient de substituts aux pierres précieuses pour les moins fortunés.
D'après Les bijoux traditionnels français de Monique Poulenc et Anne-Michèle Margerie, catalogue RMN, 1998.