Les voyages du verre - De l'invention du verre...

 

Verre moulé

Texte

 

Avant l'introduction du soufflage, on utilisait les techniques de moulage. Un noyau était fabriqué en argile à partir de sable, de boue et de déchets organiques puis fixé au bout d'une tige métallique et modelé selon la forme intérieure de l'objet à réaliser. Le noyau était recouvert de verre chaud étiré en fils. Enfin, il était retiré.
Ce procédé, qui semble d'origine mésopotamienne, a permis d'obtenir une grande variété d'objets dans l'Egypte ancienne, tout particulièrement au XVe siècle avant J.-C., sous le règne de Toutmès III : des ateliers des verriers sortaient des amulettes, des éléments de collier, de petits flacons bleu foncé rehaussés de filets jaunes… A partir du XIVe siècle avant J.-C., cette fortune des objets en pâte de verre connut un développement croissant en Syrie – Phénicie. Les Phéniciens l'introduisirent aussi à Carthage, où se développa une production importante d'amulettes et de petits masques de protection. A l'époque gréco-romaine, cette production d'objets en pâte de verre se poursuivit en se diversifiant : on fabriqua des bijoux, mais aussi des vases destinés notamment à contenir des huiles parfumées, des onguents (alabastres, amphorisques, oenochoés, etc.). A l'époque hellénistique (fin du IIIe siècle av J.-C.), la méthode de modelage sur forme renversée permettait de fabriquer des coupes hémisphériques. Une certaine quantité de verre était placée dans le four. La masse de verre en fusion se dilatait pour prendre la forme d'un disque d'une certaine épaisseur. On plaçait le disque une fois refroidi dans un moule convexe porté au feu et sous l'effet du ramollissement, le disque s'adaptait à la surface du support. Pour obtenir des coupes en verre moulé polychrome, la masse de verre initiale était constituée de baguettes colorées disposées à froid en une forme rudimentaire de disque puis chauffées jusqu'à la fusion des éléments. On plaçait ensuite une bande de verre autour du disque pour la finition du bord puis on procédait à la seconde fusion pour obtenir le moulage de la pièce. Pour obtenir du verre à mosaïque, la même technique était utilisée mais à la place des barrettes colorées, on utilisait des rondelles de verre issues des barrettes.

Au XIXe siècle, les Etats-Unis reprennent cette ancienne technique avec des procédés industriels. La technique du pressé-moulé prend ainsi son essor. Elle nécessite une équipe de deux verriers : le premier dépose la boule de verre dans le moule chauffé, l'autre actionne le levier abaissant un piston pour y presser le verre. Cette technique vite adoptée en Europe a engendré une production de masse bon marché qui séduisait par ses couleurs vives et son faible coût, notamment après l'apparition de la presse à vapeur (1864). En France, les cristalleries de Saint-Louis et Baccarat l'avaient déjà adoptée. Le pressé-moulé permettait d'obtenir des pièces de forme en ronde-bosse ou en bas-relief à vocation sculpturale, voire monumentale. Le verrier Lalique (1860-1945) a démontré l'intérêt de cette technique dans le domaine artistique et amélioré la technique du pressé-moulé.

Bouteille décorative en verre moulé transparent © Photo MCEM - Virginie Louis

Bouteille décorative en verre moulé transparent
© Photo MCEM - Virginie Louis