Les voyages du verre - De l'invention du verre...

 

Verre coloré ou incolore

Texte

A l'état naturel, le verre est coloré. La teinte naturelle du verre, bleu verdâtre, est due à la présence d'oxydes métalliques contenus dans le sable qui sert à sa fabrication. Le verre incolore est apparu dès l'Antiquité et s'est répandu à partir du IIIe siècle. Il est obtenu par adjonction de manganèse en faible quantité, qui joue le rôle de purificateur. Sa propriété lui a valu le nom de « savon du verrier ».

Il existe néanmoins une distinction entre les verres colorés naturellement du fait de leurs composants de base et les verres de couleur volontairement colorés à l'aide de composants chimiques et qui peuvent être translucides ou opaques.
Les verres naturellement colorés sont souvent des productions régionales populaires réalisées à partir de matériaux locaux : la matière siliceuse donne une légère coloration au verre, les sols ferrugineux donnent des verres verts.
Pour colorer volontairement le verre, il faut ajouter des colorants chimiques, souvent des oxydes ou sels métalliques ajoutés pendant la fusion. La tonalité et l'intensité d'une coloration dépendent de la nature et de la quantité des colorants ainsi que de la composition du verre lui-même (sodique ou potassique).
Ainsi, le bleu est obtenu par l'adjonction d'oxyde de cobalt, le violet par l'adjonction d'oxyde de manganèse, le rouge par le protoxyde de cuivre, le jaune par l'oxyde d'argent, le pourpre ou « rubis d'or » par l'oxyde d'or, le vert par l'oxyde de cuivre, de fer et le bichromate de potasse, et enfin le noir par l'oxyde de cuivre, de fer et de manganèse. Pour obtenir l'imitation de la porcelaine (verre blanc opaque), les verriers vénitiens utilisaient l'oxyde d'étain et les oxydes d'antimoine et d'arsenic. Le verre rouge translucide apparaît pour la première fois en France en 1668 grâce aux recherches de Bernard Perrot. Mais, c'est au chimiste berlinois Kunckel que l'on doit le « verre rubis » obtenu grâce au bon dosage de ses composants et du temps de refroidissement.

Enfin, pour obtenir un verre polychrome, on procédait de différentes manières : souder des éléments de couleur différente pendant la fusion, superposer les couches de couleur en plongeant les paraisons dans des pots de couleurs différentes. La dernière technique, le brassage, qui s'obtenait en mélangeant les matières vitreuses (« métal ») de couleur différente dans un même creuset pendant la fusion, donna naissance au verre calcédoine. Ce verre déjà connu à Alexandrie et dans le monde romain, se répandit à Venise au XVe siècle sous le nom de verre « calcédoine » et en France sous le nom de « verre jaspé ».

Bouteille de la Passion © Photo MCEM - Danièle Adam

Bouteille de la Passion
© Photo MCEM - Danièle Adam

Coupe en verre calcédoine © Photo RMN - Jean Schormans

Coupe en verre calcédoine
© Photo RMN - Jean Schormans